COMMENT SE PASSE UNE CÉSARIENNE?

J’ai accouché par césarienne pour mon premier enfant. C’est l’un des plus grand regrets de mon accouchement: ne pas avoir réussi à donner naissance à mon fils par voies naturelles. Louis était en siège, et j’avais une thrombopénie gestationnelle ce qui a imposé le choix de l’accouchement par césarienne (dont je parle ici) .

Lors de ma préparation à l’accouchement, le « sujet césarienne » n’avait quasiment pas été abordé. Episiotomie ? Ok. Forceps? Ok. Ventouse ? Ok. J’y étais préparée. Césarienne ? Inconnu. Néant.

Mon monde s’est écroulé.

J’ai eu l’impression pendant plusieurs mois de ne pas avoir accouché, que l’on m’avait volé la fin de ma grossesse. Aujourd’hui, avec le recul nécessaire, je me dis que l’important est que notre fils soit avec nous, en bonne santé.

Pour autant, ce manque d’informations concernant l’acte en lui même et son post partum a aussi été responsable de ma dépression dont je parle ici.

Comment se passe une césarienne programmée? Mon témoignage

La veille et le matin de l’opération, j’ai dû prendre une douche à la bétadine, cheveux compris. J’en ai profité pour me raser intégralement le pubis et les jambes.

7h Nous arrivons à l’heure indiquée sur notre convocation avec ma valise de maternité. Je dois être à jeun. Une sage femme nous installe dans une chambre pour que je puisse me préparer, et vérifier ma tension. Je me déshabille entièrement, et mets une blouse, une charlotte et des chaussons. Julien aussi doit se préparer, dans l’éventualité qu’il puisse assister à l’accouchement ( cela doit être validé par le chirurgien, nous ne savons pas encore si je vais accoucher sous anesthésie générale ou Rachis). Elle me donne un médicament à boire qui est très amère. Je fais un monitoring et une échographie pour vérifier la position du bébé.

7h30 Elle m’explique que je suis la dernière sur la liste, je vais passer à 13h. J’ai déjà faim, nous regardons un films sur le téléphone de Ju pour patienter. Nous partageons nos derniers moments à 2. Profitez en pour donner la boîte de papa si vous en avez préparé à cet instant .

12h45 Un brancardier vient me chercher, et m’amène au bloc. L’anesthésiste me pose la péridurale, ce ne sera pas une AG. Il me demande de me pencher en avant, menton contre la poitrine. Une infirmière me donne la main. Je ne ressens pas de douleurs, juste une gêne au bas du dos. Un grand drap bleu est posé pour que je ne puisse plus voir mon ventre. Très vite des fourmillements dans mes jambes arrivent, et je ne sens plus le bas de mon corps. Une infirmière me pose un cathéter d’un côté, un brassard pour la tension de l’autre, m’attache les bras en croix, pendant qu’une autre me badigeonne le ventre et la vulve de bétadine. C’est un moment vraiment très désagréable. On me pose une soude urinaire. Je fais une chute de tension à 8.3, on m’injecte un médicament pour la faire remonter. Julien peux enfin rentrer, il s’installe derrière moi. Tout va ensuite très vite.

13h15 Incision. Je sens qu’on tire fort sur mon ventre mais je n’ai pas mal. J’ai peur, je tremble beaucoup. Mon ventre est tiré de tous les côté. Cette sensation est vraiment très impressionnante. Je ressens tout sans douleur.

13h30 J’entends Louis pleurer. Ils l’essuient, et me le posent sur moi le temps de me recoudre. Nous avons eu la chance de rester en peau à peau pendant 15 mins.

Louis, 48cm 3Kg160

13H45 Louis part avec une sage femme pour les premiers soins. Je demande à Ju de le suivre et de rester avec lui.

13h50 Je suis transférée en salle de réveil, pour surveiller ma tension. Une infirmière me met des bas de contentions, et me prend la tension toutes les 15 minutes. J’ai la tension très élevée, 17.9. L’anesthésiste me donne un médicament pour la réguler. Je reste 5h en salle de réveil au lieu de 2h. Elle appuie régulièrement sur mon ventre pour vérifier que mon utérus se remet bien en place.

Son premier pyjama

14h30 Ju et Louis arrivent en salle de réveil. Pour que le lien se fasse naturellement entre nous deux. J’ai pu voir mon mari lui donner son premier biberon. Je sais que j’ai eu énormément de chance, car beaucoup de maternités ne l’autorisent pas.

Ses premiers instants avec papa

19h Ma tension est bonne, je sens à nouveau mes jambes, nous pouvons remonter dans notre chambre. On me retire ma sonde urinaire mais elle m’a provoqué une infection urinaire, on m’injecte un antibiotique pour la soigner. On me retire ensuite le cathéter. Arrivés dans la chambre j’ai enfin pu manger, et me reposer… En attendant le prochain bibi.

Comment se passe le post partum après une césarienne?

Afin d’éviter toutes complications liées à la rachis anesthésique, il est interdit de se lever dans les 24h suivant l’opération. J’ai pu me lever le lendemain après-midi pour essayer d’aller aux toilettes. Toute la nuit j’ai du utiliser un bassin pour faire pipi.

L’administration d’anti douleur est systématique pendant plusieurs jours, la douleur était donc faible au niveau de la cicatrice. Elle a eu également le mérite de diminuer les douleurs des tranchées.

En revanche, il m’était impossible de me tenir droite. J’étais complètement courbée vers l’avant, comme une vieille dame. La douleur dans le dos était très vive à chaque fois que j’essayais de me redresser. J’ai gardé cette position quasi 1 semaine. Elle m’a empêchée de m’occuper de mon fils ses premiers jours de vie.

Impossible de dormir allongée, je devais rester en position assise dans le lit.

Le retour du transit est un moment très difficile à passer, car il est douloureux de pousser sur le ventre pour aller à la selle. J’ai réussi à y aller 3 jours après l’accouchement.

L’apparition des hémorroïdes ne s’est pas fait attendre et j’en ai souffert pendant plusieurs semaines après mon accouchement.

La cicatrice a été douloureuse pendant quasiment 3 mois, pour ensuite me démanger énormément. J’en parle plus longuement ici.

J’ai du faire plusieurs séances de kiné pour me soulager le dos, mais aussi pour faire ma rééducation abdominale et limiter ainsi mon diastasis (écartement des grands droits).

La rééducation du périnée dont je parle ici n’est pas réservée aux accouchement par voie basse! il est important de le re muscler même après une césarienne afin d’éviter les problèmes de fuites urinaire et de descente d’organe dans le futur.

Le post partum est une période très délicate à vivre quand le corps est meurtri et fait souffrir. Il faut être bien entourée pour déléguer un maximum de tâches du quotidien, et accepter de ne pas réussir à s’occuper de son enfant le temps de se remettre de cet acte chirurgical.

La césarienne, surtout d’urgence, est un vrai traumatisme pour les parents qui l’ont vécu. Il ne faut pas hésiter à contacter le psychologue de la maternité afin d’en parler, et de trouver des praticiens (souvent ostéopathe ou hypno-thérapeutes) qui font revivre l’accouchement par visualisation et mouvements aux mamans qui ont souffert de cet accouchement.

PATIENTER…
MERCI POUR VOTRE ABONNEMENT!




7 réflexions au sujet de « COMMENT SE PASSE UNE CÉSARIENNE? »

  1. Charln

    Merci pour ce récit, je crois que ça vaut en effet un cours complet de préparation qui est très souvent « zappé » pendant la grossesse !!
    Je ne connaissais pas le problème de la thrombopénie gestationnelle… Il doit y avoir plein d’autres raisons qui emmènent à une césarienne dont on ne parle pas assez !

    Aimé par 1 personne

    1. Corinne

      C’est vrai le sujet de la césarienne n’est jamais abordé avant l’accouchement ! Pour mon 1er le travail à duré assez longtemps et au bout d’un moment, le rythme cardiaque de bébé a commencé à chuter. Les sages femmes m’ont fait mettre sur le côté et le rythme redevenait normal, sauf que pour pousser je me remettais sur le dos donc il fallait faire vite. Il m’ont donc expliqué l’éventualité d’utiliser la ventouse. Pas de soucis j’ai bien compris que c’était pour le bien de mon bébé. Je suis un peu inquiète mais sa va… et là un médecin arrive (ils avaient sûrement dû l’appeler au cas où…) et lance,après qu’une sage femme ai expliqué la situation, « bah toute façon si sa va pas on part sur une césarienne »… Quelle violence nous avons ressenti, mon mari et moi, enfin surtout lui car moi je planais à 100.000 sous l’effet d’une péridurale un peu surdosée… Non seulement on y est pas préparé mais en plus, lancer ça comme ça sans prévenir… finalement grâce à la ventouse ils ont pu rapidement le sortir sans qu’il n’y ai eu besoin d’autre chose mais franchement nous avons vraiment mal vécu cette violence du corps médical (je ne généralise pas, nous avons rencontrer des personnes très bienveillantes aussi) et le fait d’être si peu informé que se soit par le Gynéco ou durant les cours de préparation à la naissance…

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  2. Martin

    Ohlala ça me remomere des souvenirs. Pas toujours bon. Cette impression. De pas avoir accouché. Mais ça fait du bien de te lire de se dire que l’on est pas seule.

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