LA PLACE DU PÈRE

Devenir Papa

Vision d’une mère ⠀
Mon mari a eu du mal à trouver sa place de père. Il a mis un an à se sentir pleinement papa et à être investi dans son nouveau rôle.

Il pense que je ne lui ai pas laissé sa place. Je pense qu’il n’a pas su la prendre.

Je suis fusionnelle avec mon fils. J’ai du mal à laisser une autre personne s’en occuper. Même mon mari. Peur que les choses ne soient pas bien faites, que Loulou soit mal. Quand il s’agit de Loulou, je veux que tout soit fait à la perfection. Je ne laisse pas de place au doute ou au  » à peu près « .

J’avais du mal à le laisser faire au début. Je voulais tout contrôler.

Je pense que ça l’a déstabilisé. Mais j’aurais aimé qu’il me bouscule un peu, qu’il s’affirme davantage… J’aurais aimé qu’il s’impose, qu’il ne me laisse pas le choix.

À l’inverse, il s’est effacé. Il m’a laissée tomber.

J’avais l’entière responsabilité de Loulou. Et la charge mentale qui va avec, dont je parle . Cette fameuse charge mentale. Devoir penser à tout, toujours, tout le temps. Je vivais avec Julien, mais j’avais finalement une vie de mère célibataire.

Il lui a fallu quelques mois pour comprendre ce que j’attendais de lui. Que j’avais besoin de lui. Que Loulou avait besoin de son papa pour grandir en étant serein et épanoui. Il a surtout fallu que je tombe en dépression du post-partum, dont je parle ici.

Maintenant, c’est le meilleur papa qui puisse exister. Il s’occupe complètement de Loulou. Il lui est dévoué.

Il joue, câline, nourrit, éduque notre fils.

Il est plus difficile pour un homme de se sentir père tout de suite. Nous avons 9 mois de grossesse pour nous y préparer. Nous subissons déjà tellement de changements dans notre corps, que nous sommes préparées au bouleversement énorme qu’est la venue d’un enfant.

Je pense qu’il est vain d’attendre de nos hommes qu’ils prennent la place que nous attendons d’eux. Je pense que nous devons aussi les guider dans leurs rôles de pères. Ils ne savent pas quel type de père et d’homme nous attendons d’eux.

« Les hommes viennent de Mars et les femmes de Venus », cette phrase prend tout son sens dans la parentalité.


vision d’un père

Entre me sentir prêt depuis plusieurs mois et la réalité, il y a un monde.

Entre ce que je pensais savoir, ce que les autres me disaient et ce que j’ai vraiment vécu avec ce petit bout d’être humain, il y a une énorme différence.

J’ai eu dans les premières minutes un sentiment bizarre, lorsque je le tenais dans mes bras . Je tenais à la fois un inconnu et à la fois ma chair et mon sang.

Je me suis senti réellement dans mon rôle de père que quelques semaines/mois après sa naissance.

 Le chamboulement dans ma vie était tellement fort. La responsabilité, l’énorme fatigue accumulée… L’idée d’abandonner mon rôle m’a traversé l’esprit car je n’arrivais pas à trouver ma place.

J’avais l’impression d’être en décalage avec ma femme qui elle s’est sentie mère dès l’instant où elle a su que Loulou grandissait dans son ventre.

La naissance de mon fils a été pour moi le plus positif et négatif bouleversement de ma vie.

Je ne suis pas hypocrite, Loulou a chamboulé ma vie d’homme habitué à faire des choses pour lui-même, mais encore plus ma vie de couple.

 A son arrivée, c’était lui avant moi, lui avant nous. Ma femme ne me regardait plus, ne voulait plus me toucher, me faire l’amour.

J’étais le premier à me moquer des parents disant toujours « tu vas voir, c’est que du bonheur ». Aujourd’hui j’aime à penser qu’en effet, tout n’est pas rose. Qu’on ne naît pas père. Qu’il n’y a aucun mode d’emploi.

Mais en prenant de la hauteur, n’est-ce pas ce qui rend aussi la chose plus fun ? Même si parfois c’est très difficile.

Aujourd’hui, grâce à lui, je me sens entièrement vivant.

Qu’est-ce que c’est bon d’être père, d’avoir un sens dans ma vie.

De pouvoir regarder mon enfant dans les yeux et me dire qu’il est ma plus grande réussite et que je ferai tout pour lui.

PATIENTER…
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