LE COUPLE APRÈS BÉBÉ: LE BABY CLASH ET LA THÉRAPIE DE COUPLE

Qu’est ce que le Baby Clash et comment s’en sortir?

Définition

Le Baby clash est une phase de tensions, de disputes et de manque de communication qui s’installe dans un couple après la naissance d’un bébé.

Beaucoup de parents y sont confrontés, et finissent par divorcer par manque de soutien, d’accompagnement et de moyen.

La baisse de la libido et la fatigue liées aux nuits agitées n’aident pas à être positif et engendrent bien souvent des tensions extrêmes et une perte de communication au sein du couple.

Comment retrouver une vie de couple calme et sereine? Comment trouver sa place entre le couple conjugal et le couple parental? Comment se sortir de ce baby clash, cette tempête conjugale, sans y laisser son mariage ? Je vous donne ici quelques pistes en fonction de notre histoire, notre expérience.

Les aides extérieures

  • La PMI dispose d’une aide conjugale qui peut recevoir les couples en souffrance et désireux de sauver leur union. Cet accompagnement est gratuit et mis en place par le conseil général de la région. N’hésitez pas à vous renseigner auprès de la PMI de votre ville pour en connaître les disponibilités.
  • Le CMP de votre ville peut également vous recevoir s’il dispose de psychologue de couple. Là encore la prise en charge est gratuite pour le couple.
  • Si vous avez les moyens et que vous ne voulez pas attendre avant de consulter (les délais peuvent être un peu long en CMP ou PMI) vous pouvez faire appel à des psychologues de couples dans le privé, qui peuvent vous aider à trouver vos propres solutions et à apaiser les tensions. Comptez entre 50€ et 100€ par consultation.

Parfois la communication ne suffit plus, car le lien est brisé entre les deux partenaires. De parler avec une personne extérieure à la situation peut débloquer certaines situations et vous faire avancer dans votre relation. C’est ce qui a sauvé notre mariage, vraiment !

Quand l’autre ne veut pas se faire aider

Ne pas vouloir se faire aider est très fréquent. Peur d’être vu comme faible, lâche, et admettre que l’on n’est pas capable de sauver tout seul son propre couple n’est pas quelque chose d’aisé. Vous pouvez entamer les démarches seul(e), et lui proposer de vous accompagner au rdv sans qu’il n’ait à prononcer un mot. Juste d’être là à vos côtés parce que vous avez besoin de lui/elle dans ce moment délicat et que vous comptez sur lui/elle. Au fur et à mesure des séances les langues se délieront et le travail pourra commencer. C’est ce qu’il s’est passé pour nous.

Vous pouvez aussi faire une thérapie de votre côté pour essayer d’avancer. C’est ce que j’avais fait, et de me voir me bouger pour notre couple a donné envie à Julien de se bouger aussi, de ne pas me laisser faire tout toute seule.

Prenez du temps seul

Le manque de sommeil est une véritable torture, j’en parle dans mon article sur le sommeil de bébé juste ici. Quand les deux membres du couple sont épuisés, les tensions peuvent être ingérables. Je suis un véritable démon lorsque je n’ai pas assez dormi (ou mangé) !

Essayer de faire un roulement dans les grasses matinées (chez nous le samedi il dort mais dimanche c’est moi), les siestes, ou même dans des week-end en solo. Proposez à votre partenaire de partir 2 jours loin de la maison pour dormir et prendre du temps, seul, et faite de même ensuite (c’est ce dont je rêve en ce moment).

Faites aussi un roulement pour laisser du temps à l’autre rien que pour lui : prendre le relais pour que l’autre prenne un bain, lise un livre, écoute de la musique, fasse du sport, sorte voir ses ami(e)s. Une fois l’un , une fois l’autre.

Une fois reposés tout paraîtra plus clair. Et la flamme pourra plus facilement se raviver.

Prenez du temps à deux

Toujours plus facile à dire qu’à faire quand la famille est loin et que les moyens manquent… Ce qui est clairement notre cas!

Essayez de demander de l’aide autour de vous, à vos amis (à charge de revanche) pour vous octroyer une soirée en amoureux.

Essayez de poser tous les deux un jour de congés en semaine pour profiter lorsque les enfants sont gardés ou à l’école par exemple pour vous retrouver et faire des activités à deux. C’est ce qu’on fait de temps en temps et ça fait du bien. Le lundi est devenu notre journée en amoureux.

Se retrouver en couple permet de se rappeler que l’amour existe toujours, au delà du rôle de parents.

Celui qu’il/elle était…

Très souvent lorsqu’on devient parent, on change notre vison de la vie, notre mode de fonctionnement. L’autre peut avoir tendance à regretter la personne de qui elle est tomber amoureux(se) : « tu as tellement changé j’aimerais que tu redevienne comme avant ». Et essaye de retomber amoureux(se), en vain.

J’ai trop longtemps cherché à retrouver mon mari d’avant et j’allais de déception en déception.

Jusqu’au jour ou nous avons consulté une conseillère conjugale de la PMI qui nous a ouvert les yeux: il est impossible de retrouver celui dont on est tombé amoureux puisqu’il y a eu du temps et des événements qui se sont passé, et la personne a obligatoirement changé. Elle ne redeviendra jamais comme avant.

Plutôt que de regretter la personne qu’il/elle était, et d’essayer de retomber amoureux(se), essayez de tomber amoureux(se) de la nouvelle personne qu’il/elle est devenu(e)!

Massages, cadeaux, petites attentions, essayez de séduire l’autre comme si c’était une nouvelle personne, un nouveau challenge.

Documentez-vous à 2 avant la naissance

Il est beaucoup plus facile de faire face à une situation quand on la connaît et qu’on sait la maîtriser. Documentez-vous un maximum sur le post partum, partager les infos avec votre partenaire pour que vous ne soyez pas surpris de ce changement brutal :

  • la libido peut mettre jusqu’à 3 ans pour revenir (pour une moyenne de 1 an post partum). NE VOUS FORCEZ JAMAIS à avoir une relation sexuelle, même pour faire plaisir à l’autre. Si vous vous forcez, ça s’appelle un viol conjugal. Gardez ça en tête.
  • les priorités de madame vont changer, c’est normal et hormonal: l’entretien de sa maison, le maquillage et l’épilation, le sexe et l’autre parent ne seront plus sa priorité, mais toute son attention sera tournée vers cette boule d’amour qui vient de sortir de son ventre. Ce n’est pas qu’elle aime moins l’autre parent, mais elle met tout en oeuvre pour la survie de ce bébé.
  • la fatigue va être au delà de ce que ne pouvez imaginer, essayez un maximum de dormir pour ne pas être sur les nerfs. Les roulements sont vraiment la clé pour réussir à tenir le coup.
  • si madame allaite, l’autre parent peut prendre le relais pour toutes les autres missions (change, ménage, repas, bain etc…).
  • si madame est sur les nerfs, crie pour rien, pleure, plutôt que de lui dire qu’elle est infernale ou qu’elle a un sale caractère, essayez de la soulager et dites lui que vous entendez sa colère sa frustration et sa souffrance. Proposez lui de lui faire un massage, un thé, ou d’aller se reposer.

Note pour le deuxième parent

Vous, le deuxième parent, vous n’êtes pas un sous parent, vous n’êtes pas un figurant. Vous n’êtes pas un stagiaire, pendant que l’autre est le/la patron(ne). Non, vous êtes égaux, et ce bébé vous l’avez fait/adopté à deux.
Si vous pensez que vous n’avez pas votre place, que vous ne savez pas, ne vous sentez pas légitimes, plutôt que de fuir vos responsabilités par facilité, parlez en à votre conjoint(e).

Vous n’êtes pas un stagiaire à qui on doit tout demander et expliquer, mais vous êtes un partenaire, un associé, aux mêmes degrés de responsabilité.

Si vous vous plaignez qu’il/elle soit moins tendre avec vous, n’ait plus de libido, ne vous regarde plus, rappelez vous que ça fait davantage rêver d’être être avec le boss qu’avec le stagiaire .

Cet enfant vous l’avez fait/adopté à deux. Ne l’oubliez pas!

Quand rien ne fonctionne

Évidemment si rien ne fonctionne et que votre couple vous rend malheureux, ne culpabilisez pas à prendre la décision de vous séparer. Les enfants s’adapteront, même si ce sera difficile, mais s’épanouiront davantage avec des parents heureux mais séparés qu’avec des parents qui se déchirent à la maison..

Mon témoignage

3 ans de vie commune, 1 an de mariage.

Un amour incommensurable, indescriptible, profond, intense, réel.

J’étais sûre qu’il serait le père de mes enfants. Il était sûr que je serai leur mère.

Nous avions adopté un chat, pour voir si nous étions capable d’éduquer un petit être à deux.

Succès. Nous mettons en route le projet bébé.

Après plusieurs mois d’essais, plusieurs mois d’attente, plusieurs examens pour nous aider, Louis s’est enfin installé en moi.

Explosion de bonheur. Nous allons être parents.

Pendant ma grossesse notre relation a commencé à battre de l’aile.

J’avais ma libido au max, lui ne pouvait même pas imaginer me toucher, sachant son fils si proche (cf mon article sur la sexualité et la grossesse ici)

J’avais à peu près tous les symptômes possible de la grossesse : rétention d’eau, sciatique, nausées puis brûlure d’estomac, boutons, maux de dos, jambes lourdes…



Je lui en voulais de ne pas prendre suffisamment soin de moi.

Il fallait que je le supplie pour qu’il me masse 5 minutes les pieds, pour qu’il aille me chercher mon envie de Mac Flurry Oreo au Mac Do.

Il me reprochait d’avoir des sautes d’humeurs, d’être facilement énervée. Il me laissait gérer le ménage, les courses, sans que ma grossesse ne lui pose problème.

Puis Louis est né. C’était lui avant Ju. Lui avant notre couple. Je ne me sentais plus femme, mais uniquement mère.

Je pense que c’est normal, animal, vital. J’avais besoin de cette phase d’attachement intense pour me sentir maman.

Toutes nos habitudes ont été chamboulées, nous ne dormions quasi plus. JE ne dormais plus. Julien ne se levait pas la nuit, nous l’avions convenu au départ, puisque lui allait au travail. Ce fut une grosse erreur, j’avais minimisé la fatigue des premiers mois post partum…


Nous nous faisions constamment des reproches. Nous n’arrivions plus à communiquer sans nous agresser. Je ne voyais que des défauts chez lui, un rien m’agaçait.

La fatigue, ma dépression et ma perte de libido n’ont pas aidé.

Nous avons souhaité divorcer. Nous en avons beaucoup parlé. Nous avions même évoqué l’après, le mode de garde de Louis, le lieu ou nous allions déménager chacun de notre côté.

Mais nous n’avons pas cédé.


Nous pensions tous les deux qu’il restait un peu d’amour. Qu’il y avait encore une toute petite flamme et qu’il suffisait de souffler dessus pour la raviver.

Nous avons vu une psychologue de couple dans le CMP proche de chez nous. Au départ Julien ne voulait pas, mais il a accepté de m’accompagner pour moi, pour me soutenir, mais ne voulait pas parler. N’ayant pas les moyens de nous offrir une psychothérapie dans le privé, le CMP nous a reçu gratuitement. Nous avons rencontré la psychologue 3 fois pendant 1h. Contre toute attente il a beaucoup parlé pendant les séances, plus que moi! Cela nous a permis de discuter des problèmes sans nous juger, sans crier. Nous avons chacun ouvert notre coeur.

Le fait de parler devant une tierce personne qui nous écoute sans nous juger, et qui n’a pas d’affect avec notre couple est vraiment libérateur. Elle reformulait parfois nos idées pour que l’autre ne prenne pas mal les sujets de réflexions abordés.

Nous avons lutté, nous nous sommes accrochés et nous avons même lancé bébé2.

Et puis, pendant ma grossesse tout a recommencé. Nous avons à nouveau connu un baby clash.

Mais cette fois-ci, nous n’avions pas attendu que cela dégénère, nous avions pris RDV avec la conseillère conjugale de la PMI . Plusieurs séances ont été nécessaires pour nous comprendre et ouvrir les yeux sur notre couple.

Aujourd’hui nous nous aimons plus qu’au premier jour, et notre couple est encore plus solide qu’avant.

PATIENTER…
MERCI POUR VOTRE ABONNEMENT!


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