TDAH : DIAGNOSTIC ET PRISE EN CHARGE

Jan 24, 2024 | 3 commentaires

Dernière mise à jour le 24 janvier 2024

Qu’est ce que le TDAH ? Quel est l’impact du TDAH sur la vie de la personne ? Comment le diagnostiquer ? Quelle prise en charge après avoir reçu le diagnostic ? Quelles sont les lectures ressources  ? Je vous explique tout.

Qu’est-ce que le TDAH ?

Selon le site ameli.fr, « Le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) est défini par l’association, selon des modalités variables, d’un déficit attentionnel, d’une hyperactivité motrice et d’une impulsivité. Il apparaît pendant l’enfance. Ses causes restent, à ce jour, inconnues. »

  • déficit de l’attention  = difficultés à maintenir son attention ou terminer une tâche, passer facilement du « coq à l’âne », oublis, besoin de faire des pauses fréquentes, etc.
  • hyperactivité = agitation, incapacité à rester en place, pensées qui « partent dans tous les sens », etc.
  • impulsivité = difficulté à attendre, couper la parole, terminer les phrases des autres, dire des choses « sans le penser », taper facilement, etc.

 

Ces symptômes doivent être présents depuis l’enfance, et durer depuis plus de 6 mois pour être assimilés à un TDAH.

Le TDAH est reconnu comme handicap par la MDPH (Maison départementale des personnes handicapées) et peut faire l’objet d’une prise en charge par ces services. Le dossier est assez fastidieux à remplir, mais offre la possibilité d’avoir l’aide d’une AESH pour les enfants, d’aménagement du temps de travail pour les adultes, etc. Nous en reparlerons plus en détail juste après.

Si votre enfant vient d’être diagnostiqué, ne culpabilisez surtout pas, ce n’est absolument pas de votre faute. En effet ce n’est pas dû à une « mauvaise éducation », vous n’avez rien fait de mal. Les causes du TDAH ne sont pas connues. En revanche le TDAH serait probablement héréditaire. Il n’est pas rare que des parents soient diagnostiqués tardivement, après le diagnostic de leurs enfants.

Quelles sont les difficultés liées au TDAH pour les enfants et les adultes ? 

Baisse de l’estime de soi, perte de confiance, stress chronique, difficultés sociales, trouble du sommeil, échec scolaire, etc. font partie de la vie d’une personne ayant un TDAH. Il existe également des comorbidités (« Association de deux maladies, psychiques ou physiques, fréquemment observée dans la population, sans causalité établie, contrairement aux complications. » Définition Larousse) liées au TDAH, qui sont expliquées en détail sur le site de l’association TDAH France :

  • Dépression, troubles de l’humeur
  • Trouble bipolaire
  • Troubles anxieux
  • Addictions
  • Trouble du comportement alimentaire
  • Trouble de la personnalité (TOP, TDC etc.)
  • etc.

À noter que le HPI (Haut potentiel intellectuel) peut cacher les signes d’un TDAH et que le HPI lui seul n’est pas un trouble. Je vous parlais de mon HPI, également découvert à l’âge adulte, juste ici.

Le TDAH est reconnu comme handicap et peut faire l’objet d’une prise en charge par la MDPH (selon les besoins identifiés et le taux d’incapacité du déposant).

Pour les enfants :

  • l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé AEEH
  • le complément AEEH
  • une aide humaine  (AVS, EVS ou AESH)
  • du matériel pédagogique spécifique
  • une orientation dans un établissement spécialisé (IME, ITEP, SESSAD) ou en dispositif ULIS
  • l’allocation de financement du transport
  • la prestation compensatoire du handicap PCH

Pour les adultes

  • AAH : l’allocation Adulte Handicapé
  • RQTH : reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé

Comment diagnostiquer un TDAH ?

Chez l’enfant

Comme le mentionne le site ameli.fr, « Les enfants atteints de TDAH représentent 3 à 5 % de la population scolaire et sont majoritairement des garçons (2 à 3 garçons pour une fille). Toutefois, le trouble est probablement sous-estimé chez les filles, pour lesquelles les symptômes sont moins visibles. En effet, les filles, moins hyperactives, ont plutôt des troubles de l’attention, plus difficiles à repérer. »

Ce n’est pas parce que son enfant « ne saute pas partout » qu’il n’a pas de TDAH. Au moindre doute, n’hésitez pas à consulter et à demander plusieurs avis. L’errance de diagnostic chez les jeunes enfants est courante, alors qu’on sait que plus tôt un TDAH est diagnostiqué et pris en charge, moins les difficultés seront importantes …

Voici le parcours que nous avons suivi pour le diagnostic de notre enfant :

  1. Bilan psychomoteur avec une psychomotricienne qui nous a conseillé de consulter une pédopsychiatre
  2. Consultation chez une pédospychiatre qui a demandé un bilan complet auprès d’une neuropsychologue à 6,5 ans de notre enfant : test QI, bilan de personnalité, test TDAH
  3. RDV avec une neuropsychologue (4 mois de délais dans notre cas)
  4. Remise du bilan au pédopsychiatre qui a validé les résultats et demande de consultation auprès d’un neuropédiatre
  5. Consultation chez un neuropédiatre (2 mois de délais dans notre cas) pour double validation des résultats et mise en place d’un traitement

Ces différents tests ont un coût énorme, non pris en charge par la sécurité sociale : 160€ pour le bilan psychomoteur et 300 euros pour le bilan neuropsy …

Il existe les plateformes de coordination de d’orientation (PCO) qui permettent de prendre en charge les diagnostics pour les enfants de 0 à 12 ans (anciennement 6 ans). Pour en savoir plus, ce site du gouvernement en parle en détail.

Chez l’adulte

Pour les adultes, l’errance de diagnostic peut être encore plus marquée, car certains symptômes du TDAH diminuent avec l’âge, et des compensations (au prix d’efforts intenses !) peuvent en camoufler certains.

Voici le parcours que j’ai suivi pour le diagnostic de mon TDAH :

  1. Consultation avec un psychiatre pour troubles anxieux et dépression
  2. Recherche de mon coté d’un neuropsy pour connaître la cause de ces troubles
  3. Test TDAH avec un neuropsychologue (360 euros non pris en charge …)
  4. Remise du bilan et validation auprès du psychiatre pour mise en place d’un traitement

Si vous vous posez des questions et que vous soupçonnez un TDAH, il existe un test d’auto évaluation qui permet d’avancer dans sa prise en charge, avant de passer un test plus approfondi avec un professionnel formé. Vous pouvez consulter un neuropsychologue sans avoir d’ordonnance de la part d’un médecin.

Comment prendre en charge le TDAH ?

Traitement médical

Le TDAH ne peut pas se soigner, en revanche il existe un traitement qui permet de réduire les symptômes et de faciliter la vie des personnes qui ont ce trouble. Ce traitement est un psychostimulant, le méthylphénidate (Ritaline, Quasym, Concerta, Medikinet), qui n’est pas dépourvu d’effets secondaires (perte d’appétit, douleurs au ventre et à la tête, trouble du sommeil, etc.). Sa prescription initiale doit être faite par un médecin spécialisé et chaque 28 jours une nouvelle ordonnance sécurisée doit être établie par un médecin. Le rapport bénéfice/risque de ce traitement doit être validé avec le médecin. Parfois de simples mesures d’hygiène de vie permettent de stabiliser le TDAH, parfois ce n’est pas suffisant et la qualité de vie de l’enfant (ou de l’adulte) et de l’entourage de celui-ci peut être grandement améliorée grâce au traitement. Chaque TDAH est différent, et son intensité également.

Psychothérapie

Il est très important de suivre une psychothérapie avec un professionnel formé au TDAH. Ce travail permettra d’apprendre à vivre du mieux possible avec ce trouble et d’éviter de développer des comorbidités. La thérapie comportementale et cognitive est adaptée au TDAH.

Les parents d’enfants TDAH peuvent également suivre un programme d’entrainement aux habilités parentale (modèle de Barkley).

Vous pouvez suivre une psychothérapie avec un professionnel en libéral, ou vous rapprocher du CMP (à partir de 20 ans), CMPP (enfants jusqu’à 20 ans), du psychologue scolaire de votre enfant ou du psychologue du travail pour les adultes pour une prise en charge du suivi.

Naturopathie

Il semblerait que la capacité de stockage du fer des personnes ayant un TDAH soit en déficit, et qu’elles présentent une carence en fer. Il est important de réaliser un dosage du fer régulier et de se supplémenter au besoin (à valider avec son médecin).

Il est important de diminuer la consommation de sucre raffiné (gâteaux, bonbons, sodas, etc…), de sodium benzoate (conservateur présent dans certains aliments et dentifrices), d’avoir un sommeil de qualité (éviter les écrans et jeux vidéos), d’avoir un bon apport en Oméga 3 et de pratiquer une activité physique régulière.

Pour aller plus loin dans la prise en charge naturopathique (hygiène de vie, phytothérapie, aromathérapie, etc.) en parallèle d’un suivi médical, n’hésitez pas à prendre rdv avec un naturopathe spécialisé.

Lectures et sites ressources pour le TDAH

Sites : 

https://www.ameli.fr/

https://www.tdah-france.fr/

https://mdphenligne.cnsa.fr/

https://www.tdahegalitedeschances.com

https://hypersupers-tdah-france.france-assos-sante.org/

https://www.laminicoachtdah.fr/

Livres :

Mes p’tits pourquoi L’hyperactivité Relié – Illustré de Agnès Cathala  ed. Milan

Le Petit Guide illustré du TDAH : Enfin comprendre comment je fonctionne Enfin apprendre à vivre avec ! de Alice Gendron ed. Albin Michel

Comptes Instagram : 

@la_mini_coach_tdah

@ludvivo_therapeutecreative

@sainnah_tdah

@hypersupers_tdah_france

@bonjouranxiete

N’hésitez pas à noter en commentaire des sites, livres, et comptes ressources que vous appréciez.

En conclusion

Scientia potentia est. Le savoir, c’est le pouvoir. C’est exactement ce que je ressens depuis que je sais que ce qui me handicape psychologiquement et physiquement depuis ma naissance. Ce n’est pas pour « me coller une étiquette », ni à mon enfant, mais bien pour pouvoir agir de manière la plus adequat en fonction de notre trouble. Aussi, savoir que sa maman est comme lui rassure énormement mon enfant. Il ne se sent plus seul, et surtout, il voit qu’on peut très bien grandir avec. Avoir un travail qui nous passionne, une vie bien remplie. Non sans souffrances et difficultés, mais on y arrive.

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3 Commentaires

3 Commentaires

  1. Odile

    Oh wow, merci beaucoup pour cet article, tous les liens etc !
    Je me soupçonne depuis quelques temps d’avoir un TDA. Et ces derniers temps j’ai plein de souvenirs qui remontent, des moments de « mais oui mais c’est bien sûr !! » parce que avoir un TDA expliquerai de nombreuses choses. Je sais déjà que j’ai des troubles anxieux et dépressifs, mais finalement c’est peut-être pas que ça ! J’ai fait le test que tu proposes et manifestement je suis sur la bonne piste haha
    Merci encore <3

    Réponse
  2. Ma.dou.dou

    Hyper intéressant, merci pour cet article. C’est très triste que le diagnostic et la prise en charge soient si longs et coûteux. Combien de personnes passent à côté d’une connaissance fine d’elles-mêmes qui leur permettrait de se sentir mieux dans leur vie ?
    On a vraiment un sacré problème avec ce qui a trait à la santé mentale, en France…

    Réponse
  3. Ness

    Merci 🙏🏻. Encore une fois un article de qualité.

    Réponse
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