MAMAN ET ÉTUDIANTE: REPRENDRE SES ÉTUDES

REPRENDRE MES ÉTUDES 10 ANS APRÈS, EN ÉTANT MAMAN

Quel challenge je me suis lancé en reprenant mes études après 10 ans de vie active.

Un des plus gros challenge de ma vie, qui arrive 6 mois après la naissance de mon deuxième bébé.

Si vous êtes en réflexion pour reprendre vos études, que vous ne savez pas si la vie de maman peut permettre de retrouver les bancs de l’école, je vais vous livrer mon témoignage.

MODE DE GARDE

1 an. 1 an à devoir jongler entre ma vie de maman, ma vie professionnelle, ma vie d’étudiante. Cours tous les week-end de l’année en présentiel, révision à distance la semaine, tous le mois de juillet et d’août en présentiel, plusieurs semaines de stage reparties toute l’année. Intense.

Les deux premiers mois de cours ont été terribles. L’impression de me noyer, de ne pas réussir à reprendre mon souffle. Impossible de mener à bien tous mes projets. Je me sentais terriblement nulle. Il faut dire que je ne m’étais pas facilité la tâche, puisque nous avions décidé que je garde Zélie à la maison le mardi, jeudi et vendredi, et Louis le mercredi. Mes cours en presentiel étant le samedi et dimanche. Soit un seul jour par semaine pour apprendre.

Je pensais réussir à tout concilier, à être une super wonder maman.

Je me suis rendue à l’évidence: jamais je ne pourrais tenir 1 an avec cette cadence. Impossible d’être disponible pour ma fille et mon fils, tout en étudiant et travaillant. Personne ne peut être efficace dans ces trois tâches simultanément. Impossible. Et c’est ok. J’ai mis du temps à l’accepter mais je n’ai eu de cesse de me répéter: c’est ok.

Fort heureusement la directrice de la crèche people and baby de Zélie a compris notre détresse et nous a aidé à trouver une solution rapidement. Zélie ira dorénavant en crèche le lundi, mercredi, vendredi. Impossible financièrement pour nous de passer à un temps plein.

Deux jours par semaine nécessaires pour me plonger dans mes cours et pouvoir réactiver mon cerveau endormi depuis tant d’années.

LA CONCENTRATION

Je n’avais pas imaginé à quel point ce serait dur de me concentrer à nouveau pendant 10 heures d’affilées.

Mon cerveau avait oublié cet exercice si difficile d’écoute, prise de note, concentration.

Rester immobile, sur une chaise, écrire, prendre la parole, devoir faire une gymnastique cérébrale intense demande énormément d’énergie. Un sommeil de qualité est nécessaire, ce qui n’est pas forcément possible lorsqu’on a de jeunes enfants dont un bébé qui ne fait pas ses nuits… Je me force à me coucher tôt certains soirs de la semaine pour ne pas être totalement épuisée, même s’il me reste 1000 choses à faire, tant pis. Ma santé mentale et physique d’abord.

Je ne pensais pas que ce serait si dur. Mais c’est tellement excitant une fois l’habitude retrouvée! Apprendre ce que l’on aime et ce que l’on a choisi d’apprendre fait vraiment toute la différence.

Edit après 6 mois:

J’ai découvert que ma concentration est améliorée lorsque je colorie tout en écoutant le professeur. Colorier me permet de fixer mon attention et ne pas penser à autre chose. En ce moment, je colorie des mandalas sexouels ultra fun acheté ici.

Julien m’a offert des Air pods pour que je puisse bouger pendant la journée afin d’améliorer ma concentration. Le casque que j’avais acheté m’obligeait à rester assise et immobile. C’est la révélation! Plus qu’un simple accessoire, je regrette de ne pas avoir investi dans ces écouteurs dès le départ.

LES PROCHES

Le soutien de mon mari m’est absolument nécessaire pour mener à bien ce projet personnel.

Il savait dès le départ que ce ne serait pas évidement tous les jours, je pense qu’il n’avait pas idée de la difficulté de ce projet au long terme. 1an, c’est court et très long à la fois.

Pendant un an il va devoir gérer la maison et les enfants, me soutenir lors de mes phases de doutes et m’encourager à aller jusqu’au bout.

Enchaîner sa semaine de travail, puis le week-end avec les enfants sans aide est très difficile pour lui.

Le covid et la distance ne nous permettent pas de laisser nos enfants à notre famille.

Il nous est impossible de nous dégager du temps à deux. Notre vie de couple est comme sur pause.

Sans son soutien et son accompagnement il m’aurait été impossible de commencer cette dure formation de naturopathie.

On se rassure en se disant qu’on aura tout le loisir de se retrouver dans un an, quand tout sera terminé et que j’aurai mon diplôme en poche.

Sortant à peine d’un baby clash (ici), c’est encore un super (difficile) exercice pour notre couple.

Edit après 6 mois:

La bonne volonté du début commence à laisser place à la lassitude. Il ne s’imaginait pas à quel point ce serait difficile d’enchainer sa semaine de travail avec le week-end seul. De nombreuses disputes éclatent à ce sujet. Je trouve que c’est bénéfique car cela lui permet de se rendre compte de ce que je vis finalement depuis 4 ans, sans jamais m’en plaindre.

Il se sent frustré de ne jamais avoir de moments off depuis 6 mois, ce que je comprends totalement. Je ne pense pas que cette aventure soit possible au delà de 1 an pour notre couple, nous risquerions de nous perdre et d’éclater.

C’est très dur de n’avoir aucun moment à deux. Aucune bulle pour notre couple, car je suis à 100% partagée entre mon travail, mes études et les enfants.

L’ORGANISATION

Nous sommes maintenant super-organisés. Qui s’occupe de qui, de quoi et à quelle heure, tout est noté à la minute sur un planning commun. Pas de place à l’improvisation, on vivra de fun plus tard.

Une organisation soudée est plus que nécessaire pour que l’un ne se sente pas surmené par rapport à l’autre et cela nous permet de garder un certain équilibre.

Pour ne pas me sentir complément débordée j’ai aussi décidé que le lundi serait ma journée perso à faire ce dont j’ai envie sans pression: cours, travail, ménage etc… ou tout simplement, rien.

Une journée off indispensable pour mon équilibre personnel.

J’ai également décidé de modifier mon temps de travail : je travaillais souvent jusqu’à très tard dans la nuit, et passais 5H par jour à répondre à mes messages privés sur Instagram, tout au long de la journée (insta est mon lieu de travail). Aujourd’hui je regroupe mon temps de réponse aux messages en 3 cessions : 1h le matin, 1h le midi et 1h le soir. J’essaye de ne plus travailler trop tard, après 23H sauf urgence.

Edit après 6 mois:

J’ai été contrainte d’abandonner ma journée off hebdomadaire. La charge de cours est trop importante et le retard que j’ai accumulé n’est pas compatible avec cette journée libre. Je le regrette car j’ai l’impression que je suis en apnée, j’ai très peur pour mes évaluations et je doute énormément de moi.

Aussi, le moral n’est pas au top : j’ai l’impression d’être très égoïste, d’imposer un rythme intense à ma famille, de louper beaucoup de choses avec mes enfants, des moments irrattrapables. Je sais que cette année est nécessaire pour que je puisse être épanouie sur le long terme, mais il m’est difficile de me satisfaire de ces moments trop courts passés avec ma famille.

Il paraît que c’est un sentiment commun chez les parents étudiants, et que la moitié du parcours est le moment le plus difficile: passée, l’euphorie des débuts, et l’impression que c’est interminable.

J’angoisse énormément pour mes évaluations, j’ai très peur de ne pas les réussir et d’avoir fait tout ça pour rien …

Cet article est susceptible d’être modifié en cours d’année en fonction de mon expérience grandissante.

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